THE MAGICAL MYSTERY TAROT

Le Tarot nous vient d’Orient, d’où il a été rapporté par les Croisés au cours du Moyen Âge. Ce sont les artistes de la Renaissance italienne qui en ont les premiers fixé l’imagerie telle que nous la connaissons aujourd’hui. Depuis lors, ces figures énigmatiques ont colonisé nos imaginaires. Le format nomade de la carte, support populaire par excellence, a largement contribué à la diffusion de cette iconographie qui continue d’infuser la production artistique contemporaine.
C’est ce Grand Imagier que je souhaitais mettre à l’honneur dans ce corpus de 22 « sculptures-à-porter », librement inspirées par les arcanes majeurs du Tarot.

Le tarot dit « divinatoire » est composé de 78 cartes, mais j’ai choisi de me concentrer sur les 22 arcanes majeurs. Tous ensemble, ces arcanes peuvent être interprétés comme un cycle, chacun représentant en quelque sorte un d’état d’âme, une étape dans l’expérience de vie. Par son caractère énigmatique, l’image bouscule l’inconscient de la consultante ou du consultant pour laquelle/lequel est effectué un tirage afin de lui permettre d’y puiser des réponses à ses questionnements.

Le Bateleur

Argent, émail, ébène, lapis-lazuli, corail, ambre, acier.

77,50 x 48,80 x 27,85 mm

La Papesse

Argent, mica muscovite, acier.

93,50 x 63,80 x 30,75 mm

L’Impératrice

Argent, or, émail, jade, cristal de roche, corail, bois fossilisé, métal doré, verre antique, bronze, acier.

110 x 55 x 23 mm

L’Empereur I

Argent, or rose, or jaune, cristal de roche, émail, émeraude, corail, bronze, acier.

100 x 57 x 30 mm

L’Empereur II

Porcelaine, verre de Murano, corail, lapis-lazuli, hématite, or, acier.

118 x 45 x 18 mm

Le Pape

Lave, ambre, argent, émail, cristal de roche, acier.

111 x 110 x 25 mm

L’Amoureux I

Argent, or, corail, ambre, photographie,  acier.

55,70 x 61,70 x 43,00 mm

Pour ce corpus, j’ai décidé de donner à chaque arcane la forme d’une broche. Les 22 pièces forment un ensemble en apparence assez hétéroclite. Pourtant elles ont un point commun : la pratique de l’assemblage. En adoptant la démarche des collagistes et des Surréalistes, je n’ai pas cherché à obéir à une logique sérielle visant à décliner en 22 variations une même ligne esthétique. Au contraire, chaque bijou est abordé comme un objet unique. Il s’agit à chaque fois de trouver le juste équilibre entre la matière disponible et mon propre état d’esprit au moment de la création, selon le principe de l’association libre.

Certaines pièces sont totalement abstraites : la Force par exemple doit beaucoup à l’art moderne et à l’influence de peintres comme Kandinsky ou Malevitch. Elle met en scène la lutte de deux énergies au travers de deux triangles dynamiques sculptés dans des pierres ornementales, que leurs couleurs opposent (le rouge opaque du jaspe s’oppose à la transparence du quartz tourmaliné).
L’Amoureux ou le Mat tranchent au contraire par leur caractère figuratif. Avec ces pièces, j’ai souhaité cette fois mettre en lumière la circulation des archétypes, la migration des images du Tarot dans l’histoire de l’art en utilisant en arrière-plan des impressions sur papier de deux toiles de maître: « l’Entremetteuse » de Vermeer pour représenter la lame de l’Amoureux et « Le Misanthrope » de Brueghel pour figurer le Mat.

L’Amoureux II

Jade noir, corail noir, or, argent cristal de roche, howlite, corail, ambre, péridot, malachite, amazonite, lapis-lazuli, améthyste, acier.

165 x 65 x 23 mm

Le Chariot

Bois, toile de lin, monnaie antique, cire électroformée, or, acier.

75 x 75 x 35 mm

Justice

Argent, or, œil de tigre, émail, topaze à inclusions, acier.

98 x 90 x 20 mm

L’Ermite

Ambre, or, argent, émail, acier.

125 x 56,65 x 24,65 mm

La Roue de Fortune

Métal argenté, argent, or, acier, calcédoine, citrine, hématite, cornaline.

 Ø 85,35 x 30 mm

La Force

Argent, or, jaspe rouge, quartz à inclusions de tourmaline, cristal de roche, acier.

66,35 x 58,25 x 28,20 mm

Le Pendu

Bois de hêtre, argent noirci, or, tourmaline noire, tourmaline melon d’eau, tourmalines polychromes, acier.

144 x 68 x 15 mm

Lame XIII

Dessin original par Robert Mazlo

Lame XIII

Or jaune, argent, agate noire, tourmaline, corail, cristal de roche, obsidienne mouchetée, indigolite, corindon noir, acier.

91 x 57 x 22 mm

Inspiration

Giovanni Boldini , Portrait de Mademoiselle Lantelme, 1907, Galerie Nationale d’art moderne et contemporain, Rome.

Tempérance

Or ottoman du XVIIIe siècle, diamants taille rose, verre antique du XVIIIe siècle, ébène, corail noir, corail rouge, corail blanc, acier.

77,45 x 19,40 x 32,35 mm

Le Diable

Argent, or, œil de tigre, émail, topaze à inclusions, acier.

98 x 90 x 20 mm

La Maison Dieu

Ébène, opale d’Ethiopie, quartz à inclusions, argent, or, tourmalines polychromes, cornaline, acier.

86,45 x 62,20 x 40,95 mm

L’Étoile

Obsidienne, argent, or, émail, cire électroformée, cristal de roche, amazonite, acier.

75 x 109 x 25 mm

La Lune

Obsidienne, argent, or, émail, cire électroformée, cristal de roche, amazonite, acier.

75 x 109 x 25 mm

Le Soleil

Lame XIII

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Chaque pièce oscille à des degrés divers entre ces deux pôles, entre abstraction et figuration, pour donner aux images pluri-centenaires du Tarot une forme portable et contemporaine.

Lame XIII

Dessin original par Robert Mazlo

Pour le Mat, le choix du tondo de Brueghel s’est imposé, car la figure du moine enveloppé d’un lourd manteau noir résonnait avec le deuil que je vivais à cette période. Le Mat est la dernière lame du Tarot. Elle symbolise la fin d’un cycle et un nouveau départ. C’est un personnage errant, dépouillé des biens terrestres qui le poursuivent néanmoins sous la forme d’un animal qui tente de le retenir en le mordant et en le harcelant. Le Mat est une figure de la liberté mais qui ne s’atteint pas sans un certain renoncement. Chez Brueghel, la figure du Mat se superpose à celle de l’Ermite, vieillard de l’arcane VIIII qui avance dans la direction opposée, à rebours du temps, cherchant des réponses dans le passé, à la faible lueur de sa lanterne.

Pour cette broche, j’ai donc emprunté l’oeuvre de Brueghel comme arrière-plan en la mettant en résonance avec deux petites figurines que j’ai laissée délibérément blanches. Depuis mes toutes premières œuvres au début des années 70, j’utilise régulièrement ces figurines de maquettisme que je retouche, sculpte et assemble avant de les fondre dans des matériaux précieux et de les mettre en scène dans des paysages minéraux. Ici le personnage masculin s’apprête à sortir du cadre défini par le rectangle de métal de la broche, tandis qu’une panthère le suit en rugissant et tente de lui donner un coup de patte. Les deux silhouettes sont blanches comme des fantômes, saisis au seuil de leur passage entre deux mondes…